La politique de l’allaitement

Bonjour ! Voici ma petite montée de lait de la semaine. Lundi le 27 juillet, Lisa-Marie Gervais a écrit un article dans le quotidien Le Devoir sur la culpabilité ressentie par les mères qui donnent du lait maternisé à leur bébé. Ces mères font de leur mieux et agissent au meilleur de leurs connaissances et de leurs capacités. Si quelqu’un doit se sentir coupable, ce n’est certainement pas la mère qui se fait dire qu’il est mieux d’allaiter, qui souhaite le faire, mais qui ne reçoit pas le soutien nécessaire pour y parvenir. Les coupables sont ailleurs… J’ai rédigé une petite réponse que vous pouvez lire ci-dessous ou en cliquant ici: http://www.ledevoir.com/2009/07/27/commentaires/0907281001543.html.

En 1981, le Canada a signé le Code international de commercialisation des substituts du lait maternel de l’Unicef et de l’OMS. Le code interdit strictement toute publicité pour les préparations de lait maternisé, les fameuses « formules ». Pas de publicité dans les magazines, pas d’échantillons donnés aux mères, pas de conférences, de soupers, de diners, de cadeaux donnés aux médecins/pédiatres/gynécos par les compagnies de lait maternisé comme Nestlé ou Similac. Ouvrez n’importe quel magazine du groupe Rogers (Châtelaine, par exemple), vous y verrez une ou deux pages pleines de publicité pour lait maternisé. Allez au Salon Maternité Paternité de Montréal, vous y verrez des femmes enceintes se promener avec des caisses de lait maternisé données « gratuitement » par les compagnies comme Nestlé.

Pourquoi ? Il est temps qu’une loi rende ses pratiques illégales. Cela fait plus de 25 ans que le Canada s’est engagé à le faire.

Les « formules » ne sont pas nécessairement mauvaises en soi (les qualités varient, et même d’un lot à l’autre), mais la manière dont on la promeut mine la confiance que les mères ont en leur capacité à allaiter. Ce n’est pas pour rien que ces compagnies investissent des millions de dollars en publicité, en cadeaux, en dons. C’est très payant, et c’est clairement au détriment des mères et de leurs enfants. Je suis pour le « choix », le vrai « choix ». L’information qui est donnée par les compagnies de lait maternisé n’est pas objective et ne reflète pas la réalité. Les études menées par des chercheurs payés par Similac pour montrer les bienfaits de tel lait maternisé par rapport à un autre ou pour montrer que ce lait-ci se rapproche plus que jamais du lait maternel convainquent les personnes les plus vulnérables. Une femme enceinte, une mère qui vient d’accoucher et qui se trouve avec son nouveau-né, est vulnérable. Elle a besoin d’être protégée des intérêts des compagnies de lait maternisé.

Tout cela n’a rien à voir avec la culpabilité.

http://www.unicef.org/french/nutrition/files/nutrition_code_english.pdf

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *